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Droit de réponse du ministre des Mines et de la Géologie, Mahmoud Thiam PDF  Array Imprimer Array  Envoyer
Écrit par Mahmoud Thiam   
Vendredi, 02 Avril 2010 13:17

Bonjour Monsieur Touré Je dois dire que j ai effectivement lu un article qui m’a été envoyé ce matin. Je pense qu il a été tiré d'un site internet. On y parle effectivement de "magouilles" de ma part. Je voudrais tout d'abord vous rassurer que toute personne qui me connait un tant soit peu sais que la magouille n'est pas dans ma nature ou mon caractère. Je n'exclu pas la possibilité de commettre des erreurs cependant.

Le dossier Alex Stewart a une origine fort simple. Lorsque nous avons constaté l'écart criard entre nos capacités à collecter les redevances et taxes de nos opérateurs miniers et celles d'autres pays africains, nous nous sommes approchés d'eux pour savoir comment ces pays ont amélioré leurs performances. La plupart des pays, le Mali en tête, on cite Alex Stewart. Il faut savoir qu’’Alex Stewart" est la compagnie la plus crainte et la plus détestée par les compagnies minières. La simple annonce de leur arrivée dans un pays suscite des attaques violentes telles que nous le voyons en Guinée en ce moment.

La société a la plus haute signature mondiale dans le domaine de la surveillance et de l'analyse des secteurs miniers. Elle est présente dans 64 pays sur les 5 continents. Il n'y a pas un pays où cette Compagnie a exercée et qui n'a pas amélioré de manière remarquable ses revenus miniers.

La societe a un site web et j’invite tout un chacun à s'y referez. Lorsqu'en février derniers, les Malien m'ont convaincu qu'ils étaient arrivés à recevoir jusqu'a $500 millions de redevances sur leur Or il y a quelques années, j'ai décidé d'explorer cette piste.

Malheureusement, vu les contraintes budgétaires de 2009, j'ai vite conclu que nous n'aurions pas les moyens de payer le montant pouvant aller jusqu'à $2 million pour leur mobilisation initiale.

Nous avons donc mis ce projet en suspens. Plusieurs mois plus tard, nous avons été conviés à une réunion au ministère des finances par le gouverneur de la Banque centrale qui nous a présenté l’ancien ministre des Finances du Pérou et la direction générale de Alex Stewart en visite à Conakry. Le ministre Péruvien nous a expliqué ce qu’Alex Stewart leur avait permis de réaliser et nous avons tous convenu que ce serait idéal pour un pays comme la Guinée, qui est loin de tirer sa juste part de ses revenues miniers. Nous avons aussi conclu que nous allions explorer les moyens de nous attacher les services de ce cabinet.

Quelques mois plus tard, nous avons été conviés à une autre réunion au Ministère des Finances lors de laquelle, après des heures de négociations avec le Ministre des Finances, le Gouverneur de la BCRG, les cadres de la Primature et ceux des Finances, nous avons finalement convenus de signer un contrat avec ladite société.

Lors de ces discussions, nous avons demandé à la société si elle était en mesure de conduire un audit approfondi des audits précédents de Rusal. La logique en était fort simple. La Guinée soutient depuis longtemps que Rusal lui doit $1 milliard de dollars. Cependant aucun audit de calibre international ne confirme cela. Sans une signature inopposable dans les juridictions internationales, nous ne pourrons jamais faire prospérer nos prétentions contre la compagnie. Le but était simplement d’apposer la plus haute signature, disponible dans ce domaine, au dossier Guinéen. Ce résultat, quel que soit le montant final, serait recevable devant les 2 seules instances qui pouvaient à l’époque contraindre Rusal à s’asseoir à la table des négociations avec nous et discuter de bonne foi.

Le Comite des 72 banques à Londres auxquelles Rusal doit de l’argent et la Commission Boursière de Hong Kong où Rusal planifiait un levé de fonds. Ces deux instances ayant la survie de la société entre leurs mains, Rusal aurait craint de voir la Guinée en possession d’un document signé d’une société de la crédibilité d’Alex Stewart disant que Rusal doit effectivement à la Guinée. De surcroît, ce travail devait permettre d’établir un montant réellement défendable que ce soit 1 ou un milliard.

Au moment de cette rencontre, les Russes annonçaient que le listing de Hong Kong aurait lieu dans les 6 semaines. Il y avait donc un impérif de calendrier. Si ce listing arrivait avant que nous n’ayons l’audit entre nos main, notre principal outil de pression serait perdu. Nous avons demandé a Alex Stewart s’ils pouvait faire ce travail dans les délais. Il nous a été répondu que vu les délais très courts, le nombre d’employer à commettre à la tache serait énorme, car la société n’apposerait jamais sa signature à un document don t’elle ne serait pas certaine de la véracité. Vu la masse de travail à abattre dans des délais aussi courts et la valeur du signataire, il nous a été opposé un montant de $4,5 millions pour faire ce travail.

Dans une négociation très serrée,  nos partenaires Chinois ont proposés à Alex Stewart de réduire la facture en échange de contrats de surveillances dans d’autres pays ou ils opèrent. C’est ainsi que la facture est passée de $4.5 millions a $3.3 millions. Il faut noter ici que CIF en tant que partenaire stratégique du Gouvernement, avait accepté d’avancer le coût des 2 contrats d’Alex Stewart. Les enjeux le justifient largement. Quelques millions de dollars dépensés pour des dizaines de millions de dollars par an de revenus miniers supplémentaires et quelques millions de dollars pour près d’un milliard de dollars a récupérer de Rusal. Le calcul était simple. C’est le rapport d’Alex Stewart qui nous a permis d’interpeller les instances boursières de Hong Kong et de mettre une pression financière assez forte sur Rusal pour les ramener à vouloir négocier avec nous. C’est ce rapport qui, en cas de litige dans des juridictions internationales, permettra à nos réclamations d’être reçues.

Il a été dit que ceci a été négocié dans le secret sans l’implication du ministère des Finances. Le ministère des Finances est co-signataire du contrat d’Alex Stewart. Le contrat a été négocie dans ses bureau avec ses cadres et ceux de la Primature.

L’accord de prêt entre la Guinée et les Chinois, sans lequel les fonds n’auraient pas pu être virés à temps pour permettre à Alex Stewart de conduire sa mission dans les délais, a été signé par moi effectivement. Je suis le Vice Président du Comité de Pilotage des investissements de la CIF en Guinée et le PCA de GDC mines et pétrole. Les Chinois ont estimés que ma signature leur suffisait pour opérer au virement car c’est la GDC qui avance les fonds.

J’aimerais que l’on me dise, si le problème se trouve dans le fait que les actions prises nous ont misent en position de pouvoir récupérer tout ou partie de $900 millions qui nous sont dus contre un paiement de $3.3 millions ? Ou si le problème est parce qu’un partenaire a accepté de nous avancer la somme sans laquelle nous n’aurions aujourd’hui que nos yeux pour pleurer ? Où est-ce par ce que c’est moi qui ait signé l’accord de prêt alors que je n’en avait pas le droit ?

Si c’est la dernière option, je pose la question suivante : Qu’avons nous a y perdre ? J’ai signé un papier contre lequel on nous a avancé $3 million nous permettant d’espérer un jour récupérer un multiple de ce montant. Si ma signature est invalide c’est celui qui nous prête les fonds qui a un problème, pas nous. Il faut savoir que l’accord cadre avec la CIF, protége toutes redevances et taxes futures. Tout remboursement ne peut se faire que sur les dividendes futurs de projets menés en commun dans le cadre des différentes GDC. Par conséquent si nous sommes incapables de rembourser ses $3.3 millions à échéances, ils deviennent une obligation à long terme à rembourser sur des profits futurs. Où est donc  la perte ou le désavantage pour nous ?

Pour ce qui est du cas Yero Baldé, les faits sont relativement simples. J’ai reçu un appel téléphonique d’un ami de Dakar me disant qu’il a suivit une émission à la télévision Guinéenne ou M. Baldé s’était lancé dans une attaque virulente contre ma personne et m’accusait entre autre d’avoir livré la Guinée, pieds et mains liés aux Chinois. Cet ami était surpris pour 2 raisons :

1) C’est sur sa recommandation que j’ai reçu M. Baldé dans mes bureaux de NY lorsqu’il était étudiant, et je pense l’avoir traité avec respect et gentillesse.

2) La sortie de M. Baldé était hors sujet, semble t-il et semblait donc orchestrée ou planifiée.

Ce n’est que le lendemain où le sur lendemain que j’ai moi-même vu l’émission à la télé. Je dois dire que la virulence de ses propos et son agressivité, presque haineuse m’ont surpris. Comme je l’ai dit auparavant, leur véracité aussi n’est pas avérée car loin de ne pas être au courrant, le ministère des Finances est co-signataire du contrat d’Alex Stewart. L’autorisation donnée aux Chinois de s’acquitter du payement a effectivement été signé par moi et si cela est irrégulier, ça peut être rectifié ou annulé sans effet negatif pour la Guinée. Les retombées positives potentielles, par contre, sont énormes.

Quelques jours après avoir entendu l’émission, j’ai eu un appel du PCA de la société GAC qui tenait à m’assurer que les propos de M. Baldé ne reflétait en aucun cas la position de la société et n’engageaient que lui. Je leur ait assuré que je n’en doutais nullement. Ayant travaillé pour plusieurs multinationales cotées en bourse, je sais pertinemment que les règlements internes sont très stricts lorsqu’il s’agit des communications à la presse de leurs employés. Il est formellement interdit de dire quoi que ce soit à la presse sans une autorisation préalable du Département légal, si vos propos pourraient être attribués à la société par erreur.

Toute dérogation à cette règle fait l’objet d’une revue par le Département légal et des sanction s’en suivent si nécessaire. Je n’ai donc pas jugé nécessaire de me mêler de leurs procédures internes. D’abord parce que je n’en ai pas le droit et ensuite parce que, par principe, je me l’interdis.

Quelques jours plus tard, J’ai appris que monsieur Baldé s’était rendu chez le PM avec un dossier fourni contre moi et a carrément demandé ma tête. Les patrons de sa société semblent l’avoir appris comme moi car il m’ont encore appelé pour marquer leurs distances vis-à-vis de cet acte qui commençait à ressembler a une vendetta.

Puis, à ma grande surprise, ce sont des amis journalistes qui ont commencé à m’appeler pour me demander d’arrêter d’insister pour que la société suspende M. Baldé. J’ai eu beau leur expliquer que je n’était pas a l’origine de cela, ils insistaient. J’ai reçu à mon domicile une amie de M. Baldé me demandant d’intervenir pour que sa suspension soit levée. Je lui ai répondu que la même manière que je m’était interdit d’intervenir contre lui malgré son acharnement à salir ma réputation, de la même manière je n’interviendrais pas pour lui en me mêlant des procédures internes d’une société dont je suis le ministre de tutelle.

J’ai alors compris qu’elle pensait elle même que j’avais demandé sa suspension. Alors, j’ai appelé le PCA de GAC devant elle et sans qu’il ne saches que nous étions écouté, je lui ai demandé si à aucun moment je lui ai même donné l’impression que je voulais qu’il sanctionne M. Baldé. Sa réponse était négative. Pour satisfaire la Dame, et vraiment malgré moi, je lui ai demandé s’il était possible de lever la suspension et d’arrêter la procédure. Il m’a répondu qu’a son grand regret, les procédures internes sont telles qu’elles ne peuvent être arrêtées. La société est côté en bourse et serait elle même exposée légalement, si elle n’agissait pas en accord avec ses propres règlements. La jeune Dame pourra en temoigner car elle m’a dit être une très bonne amie de M. Baldé.

J’apprends maintenant qu’un battage médiatique a été orchestré pour m’attaquer à ce sujet  et que la société civile dont est membre M. Baldé aurait décidé de réclamer mon renvoi au Premier Ministre. Décidément, on s’enfonce dans le rocambolesque.

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Je viens de réaliser que je n ai pas répondu a une des accusations disant que je me serait rendu à Paris en compagnie du ministre Bouba Barry, et y aurait montré des photos de M Yero Baldé au stade.  Ceci est une telle fabrication qu’elle ne peut avoir été faite que de mauvaise foi. Il est très difficile de convaincre quelqu'un qui n’hésite pas à inventer, car s'il était préparé à vous écouter, il n’aurait pas éprouvé le besoin de mentir. Tout ce que je peux dire, c’est que c’est absolument faux. Quand les débats descendent à ce niveau, j’hésite à accompagner mon interlocuteur dans les caniveaux.

Mahmoud Thiam
Ministre des Mines et de l'Energie


 
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